Mon travail

Bonheur au travail? merci patron!

Grande tendance du moment dans le monde merveilleux et passionnant du travail, le bonheur au travail fait fureur sur les réseaux sociaux et sites d’informations spécialisé.

Des spécialistes en font leurs business, des entreprises tentent l’aventure et les salariés en sont ivres de bonheur.. ou plutôt leurs chefs d’entreprise ?

Oui c’est vrai,  je fleurte sur la tendance actuelle du super documentaire césarisé de François Ruffin mais ce titre était tellement approprié que je n’ai put résister à la tentation.

Enfin passons, donc, sans rentrer dans les détails en vous lançant des chiffres et des chiffres sur le coût que représente l’absentéisme et autres consœurs en France, tout le monde sait que le travail devient un enfer.

L’organisation du travail se transforme en un enchevêtrement qui vise à nous transformer en robot avec toujours la même sentence du toujours plus vite pour le toujours plus.

Nous sommes mit en compétition avec nos collègues et désormais avec les travailleurs européens aussi, créant ainsi une concurrence anxiogène faisant de nous de beaux petits moutons travaillant tous les jours tête baissée pour ne pas voir la misère chez son voisin.

Et que dire de nos droits du travail fondant chaque jour comme la banquise, dont nos gouvernants vont bientôt nous faire croire que c’est également dut au réchauffement climatique.

Alors après ce bien triste tableau dessinant une certaine réalité, des personnes intelligentes ont trouvé une solution pour nous sauver de notre sort : le bonheur au travail.

Beh oui! Pourquoi n’y avoir pas pensé !

– Mais patron, je suis déjà heureux que vous me permettez de payer chaque mois mes factures !

– C’est vrai mon brave mais ce n’est pas assez, je veux aussi votre bonheur au travail !

– » merci patron, quel plaisir de travailler pour vous, on est heureux comme des fous… »*

Excusez moi je dérape un peu et  vous allez pensez que je suis parano mais pour ma part, et je ne sais pas si c’est aussi votre cas, mon patron aussi veut que je sois heureux également mais pour que j’en fasse un max pour la prod et pas particulièrement pour moi!

J’en suis désolé mais le boss est payé pour faire tourner sa boîte et rien d’autre. Et nous nous sommes payées pour produire et basta!

Alors c’est quoi vraiment ce concept de bonheur au travail?

Pour vous faire une idée bien précise je vous conseille le documentaire portant ce même titre, sorti en 2015 dont il en est sujet.

Pour faire court le bonheur au travail c’est avant tout un concept général créé par un chercheur comme Isaac Getz, le père de l’entreprise libérée qui prône le bien être des salariés pour améliorer les performances de l’entreprise dans un monde compétitif.

Puis il y a eu des pionniers qui ont développé l’idée comme l’entreprise Favi avec Jean François Zobrist et d’autres encore dont je parlerais plus tard.

Pour y arriver des techniques de management tel que le management agile, l’innovation managériale… basée sur l’écoute, l’empathie, l’autonomie, la créativité, le leadership et autres, sont les clés de ces entreprises nouvelles générations.

Et à en écouter les salariés, ça fonctionne ! … Surtout dans le secteur du numérique, il faut bien le dire.

Alors avant de rentrer un peu plus dans le détail de ce concept, je voudrais simplement déjà savoir si le bonheur au travail peut il réellement exister dans les entreprises ?

Si l’on en prend l’étymologie, le mot travail veut dire « torture » donc ça commence mal car à part être maso je ne vois pas comment on peut mettre du bonheur dans la torture.

Et pourtant il le faut bien car le système exige que nous travaillions afin de pouvoir vivre. Fini le temps où on vivait de ses cultures de façon autonome.

Alors comment est il possible d’être heureux au travail si à la base on y est contraint ?

Le mot bonheur, est d’après notre ami « Google » un état durable de plénitude, de satisfaction ou de sérénité, état agréable et équilibré de l’esprit et du corps, d’où la souffrance, le stress, l’inquiétude et le trouble sont absents.

Ces deux mots sont donc antinomique, tout comme l’est notre société, remplie de contradictions mais pourtant bien vivante.

Mais pour moi , « le bonheur est un concept ou plutôt une chimère, quelque chose qui n’existe pas… » Comme le disait Blaise Cendrars et je suis d’accord avec lui car la vie est inévitablement faite d’épreuves plus ou moins difficiles dont nous devons sans cesse nous adapter et ceux que l’on soit millionnaire ou moine, c’est une loi universelle.

C’est donc dans sa propre capacité de résilience que l’on peut trouver une forme de bonheur où tout du moins de bien être

Nous devons alors nous comporter comme des Indiana Jones à la recherche ,non pas du bonheur mais du bien-être, un facteur important dépendant de nos conditions de travail donc, en grande partie du boss.

Nous pouvons donc dire que le bonheur au travail prôné par ces protagonistes est plutôt une équation composé d’une part d’une volonté d’amélioration de nos conditions de travail par les employeurs pour le bien-être des salariés et d’autres part une volonté de bien être au travail du dit salarié.

Autrement dit l’un ne va pas sans l’autre.

Mais alors pourquoi parlent t’ils autant de bonheur au travail ?

Regardez bien dans quels magazines se retrouve ce thème et vous trouverez la réponse.

Si vous avez bien cherché, vous vous apercevrez que le bonheur au travail est avant tout une opération de communication du grand patronat voulant à tout prix améliorer le niveau de compétitivité des entreprises en tirant le meilleur parti des salariés.

Ce qui n’est pas vraiment gênant en soit à condition que cela soit clair dès le début entre l’employeur et les salariés mais il reste à voir à quelles conditions ?

Car  pour que cela soit vraiment efficace il faut aussi que l’intention de l’employeur pour le bien être des salariés soit vraiment sincère sinon très vite on courra vers la catastrophe.

Les salariés s’apercevront vite de la fumisterie et on aura plutôt l’effet contraire. Ils se sentiront désabusés, auront perdu toute confiance envers lui, entraînant un climat nauséabond ayant pour unique conséquence que des mauvais résultats.

Il faut donc faire très attention avec ce concept à double tranchant.

Certaines entreprises vont même encore plus loin, en associant l’idée à du lean management (méthode de travail à flux tendu) pour doper leurs résultats. Cela fonctionnera au début pendant quelques temps mais finira tôt ou tard par craquer. Ce cocktail est alors pour les employeurs une sorte de cocaïne dont ils finiront  complètement accro à travers le reporting, perdant de ce fait la conscience de la réalité vers  laquelle va s’échouer leur bateau « entreprise ».

Malgré ce constat très négatif, je reste convaincu que le bien-être être des salariés est la valeur ajoutée de l’entreprise donc, un anti dote de vraies valeurs humaines pouvant la maintenir en bonne santé.

Du coup la base du problème ne se situe pas vraiment au travail mais plutôt dans notre société atteinte d’une maladie cancéreuse qu’est la haute finance.

Mais ce sujet étant très vaste je m’arrêterai la pour aujourd’hui et vous donne rendez-vous pour mon prochain article .

Mais vous ? que pensez-vous du bonheur au travail ?

N’hésitez pas à me  faire savoir si vous êtes heureux au travail et de quelle manière l’etes vous alors car votre expérience m’intéresse !

Paul Peixoto

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1 thought on “Bonheur au travail? merci patron!”

  1. Merci Paul pour cet article qui me fait réfléchir 🙂

    Je n’avais pas vu les choses du point de vue du patronat, je l’avais vu du mien en tant que salariée. Mais du coup je me dis que de mon côté, je travaille pour une association. Notre service ne rapporte rien du tout à mon employeur, nous lui coûtons très cher. Notre bien-être je crois qu’il s’en fout, notre boulot est fait c’est tout ce qui l’importe. Nous sommes les seules avec mes collègues à être préoccupées par notre « bonheur » au travail. Et nous sommes attachées à la convivialité, à rire entre nous, etc… Et personne ne nous en empêche, ce qui est déjà royal quand j’entends ce qui se passe à droite t à gauche.

    L’intérêt du « bonheur » au travail ne vaut peut-être que pour les entreprises dont les salariés lui rapportent de l’argent…

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