Mon défi

L’effet miroir

Effet miroir

La dernière fois, je vous écrivais de la plage, lieu pas vraiment propice à l’écriture et surtout pas à l’introspection.
Mais cette fois-ci, c’est de ce magnifique point de vue où je suis enfin complètement seul, que je vous adresse cet article.

Vacances Portugal
Nous avons donc vu que la technique des 5P du Lean m’a permis d’aller en profondeur chercher la cause d’une irritation et ceux malgré le fait que je sois en vacances.
Cela fait maintenant plus d’une semaine que j’utilise cette technique et les résultats sont là. Je me sens mieux. Mais il reste encore pas mal de choses à approfondir. Nous ne sommes qu’au début de cette aventure.

Déjà, ce qui est positif, est que je ne culpabilise plus de me sentir un brin stressé en vacances et c’est déjà bien, car manquerait plus que je rajoute ça pour gâcher mes vacances pour de bon !

nous avons du mal à admettre que le comportement négatif que nous rejetons d’une personne se retrouve aussi en nous.

Néanmoins, j’ai pu m’apercevoir en utilisant cette technique durant la semaine, que si j’analysais correctement mon état émotionnel, je pouvais en déduire que dans une même situation, il y avait plusieurs sources de stress.

Alors, pour trouver efficacement quelles sont ces sources de stress, je vais utiliser une autre technique de développement personnel.

Parmi elles, il y en a une qui est particulièrement efficace mais pas facile à appliquer, c’est la technique de l’effet miroir.

La technique de l’effet miroir veut que l’autre, des personnes que nous côtoyons ou croisons, est le reflet de mon état intérieur.

Ca reste difficile à comprendre, car nous avons du mal à admettre que le comportement négatif que nous rejetons d’une personne se retrouve aussi en nous.

Pour faire simple, je vous donne un cas concret qui nous servira de base de travail :
J’ai un ami d’enfance que j’apprécie beaucoup mais malheureusement que je ne peux voir car il m’énerve.
Il est pourtant sympathique, avenant, mais il a un comportement avec sa famille qui m’insupporte au plus haut point.
Concrètement, il a quatre enfants et passe son temps à hurler sur eux de manière vulgaire et menaçante pour les reprendre sans cesse.
J’ ai essayé de lui en parler une fois, mais il m’a répondu que c’était pour les rendurcir aux difficiles épreuves de la vie et n’a donc changé rien changé à son comportement.

Exercice d’écriture :

“il m’énerve de toujours s’emporter comme ça avec ses enfants ! ça me met tellement en colère que j’ai peur d’exploser alors je ne dis rien et essaie de trouver une excuse pour partir, pour fuir.

Et puis ,quand je regarde ces enfants se faire réprimander, j’ai mal, tellement mal au fond de moi que je me sens mal à l’aise, voir blessé. C’est insupportable !
Je reçois ces mots avec une telle violence en moi que ça me fait peur , alors qu’ils ne me sont pas adressés. C’est trop dur”

Analyse :

Remarquez dans ce texte le fait que je m’exprime à la première personne du singulier. Cela est important pour sortir plus facilement ce que l’on a sur le cœur.
Puis, j’exprime aussi autant que se peut,  ce que je ressens comme la douleur physique bien que ce n’est pas à moi qu’il s’adresse.

Partant de là, je ne ressens plus l’envie de le voir tant qu’il continue à se comporter de la sorte. Cette façon d’éduquer ces enfants ne fait pas parti de mes valeurs et comme je ne peux rien faire de plus, je préfère l’éviter encore une fois, voir plutôt le fuir.

Mais si je creuse un peu plus loin ce point, c’est-à-dire, si j’utilise la technique des 5P, je m’aperçois que cela créé même de la colère en moi ! Une très forte colère qui fait que j’en viens même à me détester tellement c’est fort !

Cette colère peut aussi traduire un sentiment d’injustice par le fait qu’il soit injuste de traiter de la sorte des enfants, ce qui est le cas, mais il y a autre chose et il ne m’est donc pas normal d’arriver à une telle réaction extrême.

Comportement adéquate à cette situation:

Le comportement adéquate à cette situation, pour une personne un tant soit peu équilibré, aurait tout simplement été :

– qu’elle lui dise ce qu’elle ressent avec fermeté et conviction mais accompagné d’une certaine dose d’empathie et sans l’accuser mais en commençant les phrases par le “je”.

ne rien attendre en retour après cela, au risque d’être encore plus déçu et d’être encore plus en colère.

– puis si rien ne change, ressentir plus de tristesse de ne plus le revoir ainsi qu’envers sa famille qui souffre, mais uniquement lorsqu’il arrive, quelques fois de penser à lui.

Réalité de ma situation :
Le problème est que j’y pense souvent car j’ai beaucoup d’affection pour sa famille notamment pour ses enfants en bas âges.
Ayant aussi un enfant en bas âge, lorsque je suis entrain de jouer ou lui raconter une histoire, je ne peux m’empêcher de penser à ces scènes, sans me sentir mal à l’aise, à culpabiliser et à en être tellement en colère envers lui, que ça m’est insupportable.

derrière toute expérience difficile, se cache une émotion, un sentiment.

Utilisation des 5P

De ce constat, je vais donc prendre mon courage à deux mains pour chercher la cause racine de cette colère avec la méthode des 5P.

  • Pourquoi suis je en colère lorsque je pense à Fred ? Parce-que je ne supporte pas ces excès de colère envers ses enfants.
  • Pourquoi est ce que je ne supporte pas ces excès de colère ? Parce que je suis convaincu que ce n’est pas par l’intimidation que l’on éduque ces enfants.
  • Pourquoi est-ce que je pense que ce n’est pas par l’intimidation que l’on éduque ces enfants ? Parce-que lorsque j’étais enfant, mon père faisait de même avec moi et que cela me terrorisait, me pétrifiait de peur et je ne faisais plus rien de ce qu’il me demandait. C’était même pire.

Ici avec une nouvelle fois 3 “pourquoi”, j’ai identifié la cause racine du problème, mais je pense que nous pouvons aller plus loin dans l’analyse car je ressens toujours de la colère.

  • Pourquoi je ressens toujours cette colère au fond de moi ? Parce que je n’ai jamais dit à mon père qu’il me terrorisait quand j’étais enfant, alors que j’ai envie de le lui hurler !
  • Pourquoi je ne le lui dit pas aujourd’hui ? Parce que j’ai peur que si je lui dis cela, que je ne puisse m’exprimer correctement sans colère ou sans reproche, ce qui risquerait de provoquer un conflit, tout comme avec mon ami Fred d’ailleurs.

Après cet exercice, qui m’a au passage pas mal remué, (bon bah là c’est parti pour prendre un anxiolytique ou prendre un bon apéro Smile  ) On peut a pu identifier cette fois-ci deux causes racines :

– une expérience douloureuse
– la peur du conflit

Mais l’expérience douloureuse révèle encore autre chose, car derrière toute expérience difficile, se cache une émotion, un sentiment.

J’ai donc reprit l’exercice sur feuille à un moment précis de ma vie qui m’a beaucoup blessé :
Lorsque mon père allait me chercher à l’école (j’étais en CP), il me donnait mon goûter et après il m’aidait comme tout bon père, à faire mes devoirs.
Mais personnellement je ne pense pas aujourd’hui que c’était la bonne méthode : – Déjà parce que je les faisais jusque tard le soir  ( 20 heures).
– Et parce qu’il était super exigeant envers moi, en gros je devais savoir lire parfaitement bien.
Je lisais très bien pour un enfant de mon âge, mais quand il m’arrivait de butter sur un mot, c’était bien souvent la gifle qui partait.
Tout cela fait donc qu’aujourd’hui, je suis devenu super exigeant envers moi-même et les autres mais aussi je tolère très mal l’échec.
Cela a eu des répercussions énormes sur ma vie, puisque j’ai monté des projets qui se sont soldés par des échecs, que j’ai très mal vécu jusqu’à en faire des dépressions.
Pire, la peur de l’échec m’envahit insidieusement, lorsque je monte des projets et c’est très dur à vivre.”

Après ces analyses approfondies, (ô combien remuantes dans mon fort intérieur) j’ai réussi à identifier deux peurs pouvant empêcher un homme de grandir et de s’épanouir :
– la peur du conflit
– la peur de l’échec.

lorsque l’on rejette avec dégout le comportement d’une personne vous ayant fait du mal, on en vient à répéter ces mêmes comportements que l’on veuille ou pas

Mais alors, ou est passé l’effet miroir ?

Et bien justement, de tout ça, l’effet miroir me dit que lorsque je suis en colère avec Fred c’est parce que je suis au fond de moi tout simplement… comme lui.

Ca fait mal à mon estime de me le dire et c’est même pour cela qu’elle est tant difficile à utiliser. Mais si l’on reprend les constats que je viens de faire plus tôt, je suis devenu aussi super exigeant envers les autres, à tel point d’en devenir violent.
Et c’est ce qui se passait lorsque je donnais le repas à mon fils aîné quand il n’avait qu’ un an.
J’étais super exigeant en voulant qu’il mange tout son repas et surtout très proprement. Lorsqu’il ne voulait plus manger ou qu’il faisait une petite bêtise du genre mettre sa main dans la nourriture, je devenais alors furieux.

J’étais presque devenu incontrôlable mais en même temps j’avais tellement d’amour pour lui que j’ arrivais à ne pas obéir à mes pulsions pour me “sauver” loin de lui, afin de ne pas à en venir à des gestes que je puisse regretter toute ma vie.
Ce fut donc mon épouse qui pris, depuis ce jour-là, le relai pour les repas en attendant que j’aille mieux.

En effet, conscient que ce comportement n’était pas sain, j’ai alors décidé de consulter mon médecin et d’entreprendre une psychothérapie car j’avais répété les mêmes comportements que mon père avait eu envers moi auparavant.

Cela veut dire que lorsque l’on rejette avec dégout le comportement d’une personne vous ayant fait du mal, on en vient à répéter ces mêmes comportements que l’on veuille ou pas.

Pourquoi ? parce que nous n’avons pas digéré, accepté cette souffrance. Nous vivons donc tellement dans la colère et le rejet de celle-ci qu’elle ne fait qu’alimenter le comportement jusqu’à l’exprimer sans aucun contrôle.

La conscientisation est alors la première grande étape vers la délivrance d’une souffrance car elle est un baume apaisant pour le cœur.

Conclusion

Tous ces exercices, aussi difficiles qu’ils soient, sont très intéressants car ils m’ont permis d’ identifier précisément mes peurs.
Je vais désormais pouvoir m’en servir pour dépasser des blocages en utilisant les bons outils.

Ce qui est encore plus intéressant à observer est que lorsque vous mettez sur feuille tout ce que vous ressentez, cela s’apparente au début à de la cacophonie puis une fois que la tourmente est passée, la méthode des 5P permet d’identifier la cause racine de problèmes que sont régulièrement des expériences difficiles du passé.

Ces expériences passées engendrent alors des émotions gravées en nous, qui dès lors qu’une situation similaire apparaît de nouveau, elles réactivent des comportements similaires au passé mais dans le but de nous défendre.
Le problème est qu’étant donné que ces expériences sont négatives, elles n’engendreront que des comportements toxiques  pour soi mais aussi pour les autres.

Mais là où est toute la force de cette méthode, est qu’elle permet surtout de mettre des noms sur des situations émotionnelles clairement identifié donc de la conscientiser.

La conscientisation est alors la première grande étape vers la délivrance d’une souffrance car elle est un baume apaisant pour le cœur.

L’effet miroir, quand à lui, est un outil puissant qui nous fait gagner tellement de temps vers l’évolution personnelle mais très difficile à utiliser au quotidien car elle vous renvoie très souvent vers les aspects les plus sombres de votre personnalité.

Il faut alors s’armer de courage et de résilience pour l’appréhender car elle en devient alors la quintessence même de l’écriture introspective.

C’est d’ailleurs ça aussi la maîtrise de soi et non pas “le contrôle” :
Savoir reconnaître lorsque son corps vous dit d’arrêter pour s’autoriser avec bienveillance à faire une pause.

Et le Lean dans tout ça ?

Donc en gros, nous pouvons dire que nous avons ouvert le coffre-fort de nos souvenirs et fait du rangement alors à quelle technique du Lean peut-on l’associer ? au 5S.

5S et stress

Bon, je vais arrêter ici mon article car le 5S est une technique importante qu’il ne faut pas prendre à la légère.
Ainsi, au risque de faire de cet article une usine à gaz, je préfère vous en parler la semaine prochaine.
Ajoutons à cela que ce fut très dur de vous décrire ces sentiments faisant ressurgir en moi des émotions difficiles du passé. Il est donc vraiment temps de m’arrêter au risque de finir ma soirée noyé dans la bouteille d’apéro ou pire en maison psychiatrique !

C’est d’ailleurs ça aussi la maîtrise de soi et non pas “le contrôle” :
Savoir reconnaître lorsque son corps vous dit d’arrêter pour s’autoriser avec bienveillance à faire une pause.

La semaine prochaine, je reprendrais ce travail, mais cette fois-ci en y intégrant la méthode du 5S.

Sacré défi alors, que ce prochain article !

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à me laisser un commentaire et à le partager !

Merci et à bientôt

Paul

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2 thoughts on “L’effet miroir”

  1. Ce sont vraiment des techniques qui me paraissent efficaces, que je vais essayer donc.

    C’est vrai que c’est dur de faire ces exercices, mais n’est-ce pas plus dur de vivre des émotions difficiles, qu’on ne comprend pas, qu’on rejette, qu’on ne maîtrise pas ?

    C’est vrai aussi que lorsqu’on rejette quelque chose, il nous revient et peut-être même encore plus fort….

    1. Bonjour Emily.

      Il est peut-être facile sur le coup de vivre des émotions difficiles sur le long terme car on y est malheureusement habitué. C’est-à-dire que selon le degrés de souffrance que peuvent induire ces émotions, on a appris à vivre avec, jusqu’à ce qu’elles deviennent presque “normales”.
      Tandis que faire ces exercices, peut demander une énorme énergie pouvant se révéler fort désagréable sur le moment mais au final libérateur.
      En fait le plus dur sera la première séance car bien souvent on va libérer un trop plein accumulé depuis fort longtemps. Après, si l’on continue de pratiquer régulièrement cet exercice, cela devient plus facile et beaucoup moins pénible sur le long terme.

      Du coup, en effet, le fait de rejeter fortement quelque chose ne fait que retarder le moment où celui-ci va vous exploser au visage.
      En gros, prenez l’image d’une cuve remplie où se déverse continuellement de l’eau jusqu’à ce qu’elle finisse un jour par exploser.
      Le fait d’y mettre quelques robinets que vous ouvrirez régulièrement de temps à autre, aura l’effet d’une sorte de soupape de sécurité qui libérera le trop plein de pression.

      Bon courage pour cet exercice et à bientôt.

      Paul

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