Mon travail

Mon expérience au travail avec un manager manipulateur

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Des manipulateurs j’en ai connu et bien cru, à un moment donné, que j’allais y laisser ma peau.

Les plus marquants de ma vie ont été un chef d’équipe dans l’usine dans laquelle j’ai travaillé pendant 4 ans et le deuxième…mon mentor.

Oui, ça peut vous paraître étrange qu’un mentor, c’est à dire une personne censée être un modèle humain puisse être aussi un manipulateurs. Mais j’y reviendrais plus tard.

Il est donc intéressant qu’on se penche distinctement sur chacun de ces cas car chacun ont leur particularité bien spécifique.
Le premier était dans le milieu professionnel, le lieu le plus courant où ils se trouvent et le deuxième dans ma vie personnelle, voir pire, amicale puisqu’ il était devenu mon ami, presque un frère.

En ce qui concerne mon chef d’équipe, se fut très compliqué car il avait un pouvoir sur moi, un pouvoir de subordination qui était accentué par le fait que j’étais intérimaire et que l’entreprise allait embauchée du personnel. C’était une entreprise très bien cotée dans la région, avec de bons salaires, qui faisait que les salariés se battaient pour y rester même si les conditions de travail étaient particulièrement difficiles.

Cela faisait deux ans que j’y travaillais comme intérimaire, en tant qu’opérateur sur machine et suite à la robotisation de mon secteur, j’avais été muté dans un autre secteur.

Ainsi le premier jour de mon arrivée, je me suis donc présenté à celui qui était dorénavant mon nouveau chef d’équipe, un homme mince au visage très ridé pour ces cinquante ans. Il m’accueillit très chaleureusement mais tout de suite ce sourire et sa poignée de main ne m’inspira pas confiance. Quelque chose me gênait dans ce comportement que je trouvais exagéré, forcé.

Les premiers mois se passèrent plutôt bien. Je m’étais vite et bien adapté à mon nouveau poste de travail mais j’avais remarqué qu’il s’en prenait régulièrement à un collègue d’origine malienne. Ne le connaissant pas, j’ai plutôt pensé qu’il avait des problèmes de compétence. Puis un jour, il changea de secteur et je ne le revis plus.

Alors très vite les relations avec mon chef changèrent bien que je maintenais une certaine distance avec lui. Mon seul contact était jusque là les salutations quotidiennes et quelques consignes venant d’un chef qui manage normalement son équipe. Jusque là, rien d’anormal.

Mais les jours passèrent et son comportement à mon égard changeait considérablement. Il commença par me faire des remarques sur la qualité de mon travail, de plus en plus fréquentes, de plus en plus précises mais de moins en moins avérées.

Je remarquais au bout de quelques semaines, qu’il était désormais fréquemment sur mon dos, et que ces critiques non constructives, n’étaient là que pour une raison malsaine. Pourquoi ? Je ne savais pas mais il se tramait quelque chose dans sa tête que j’allais bientôt découvrir.

communication non violente

Alors n’ayant pas ma langue dans ma poche, je lui répondais calmement mais par des questions afin qu’il soit plus précis et plus constructif dans ces critiques. Cela avait plutôt le don l’énerver encore plus, ce qui ne me dérangeait pas, bien au contraire car il était pris à défaut dans sa bêtise. J’en était plutôt réjoui même.

Mais à ce petit jeu, je découvris très vite, que je n’étais pas le plus fort. Dans le même temps mes conditions de travail se dégradaient car on subissait une réorganisation des postes de travail. Je n’avais presque plus le temps de prendre de pause car les machines ne s’arrêtaient pas et allaient de plus en plus vite, surtout que je n’étais pas remplacé.

Alors, après avoir consulté mes collègues qui avaient le même avis sur la question, j’ai pris l’initiative d’en parler  à mon chef qui n’a rien trouvé d’autre comme réponse que de se moquer de moi. Je me suis donc rabattu sur mon responsable n+2 qui lui, par contre, prit l’affaire au sérieux. Il m’envoya par conséquent un collègue des temps et méthode qui étrangement au lieu de contrôler les machines dont les cadences augmentaient au fil des mois,  contrôlait plutôt mon travail. Sa conclusion fut sans appel : le problème s’ était moi, j’avais une mauvaise gestion organisationnelle, ce qui pour moi n’avait aucune logique par rapport à la nouvelle réorganisation.
J’étais super en colère, j’avais pris ça comme une vengeance personnelle surtout lorsque mon chef vint me voir avec un grand sourire pour réaffirmer que j’avais un sacré problème sans même me proposer de m’aider ou de me donner plus d’explications. Il était fière de lui, je le voyais jubiler, il avait un air horriblement condescendant, sadique, ça m’était insupportable.

Je n’en revenais pas de voir autant de mauvaise foi. Mais malgré les problémes organisationnelles relevées aussi par mes collègues, qui n’osaient pas se mouiller et pour cause, le doute s’était tout de même installé dans mon esprit. Je commençais à perdre confiance en moi. A être fragilisé. Je me suis alors tout de même remis en question et je reconnaissais que je n’étais pas parfait, mais de là à être si mauvais…

Je retournais alors la question mille fois dans ma tête. “Suis-je aussi nul qu’ils le prétendent ?” De plus, comme je l’avais expliqué dans mon dernier article, j’avais un point faible envers l’autorité qui était un besoin de reconnaissance. Et là pour le coup, ça faisait mouche. J’étais en plein doute car ils représentaient l’autorité, une expertise dans le domaine.

Mais j’étais aussi conscient que toute cette histoire était une épreuve pour moi. Une épreuve que je devais traverser afin de me défaire une bonne fois pour toute de ce besoin de reconnaissance qui m’avait tant de fois pourrie la vie.

Pendant ce temps, l’entreprise allait recruter des intérimaires et j’étais dans leur liste d’embauche sauf que mon chef, bien sûr, ne s’était pas gêné pour me mettre des bâtons dans les roues. Il m’ accusait de choses que je n’avais pas faites, montait mes collègues contre moi, et j’en passe.

A chaque fin de poste il contrôlait mon travail qui était pourtant fait correctement mais il me rabaissait toujours en me disant qu’il était mal fait, sans aucune autre explication. Bref, il me menait une vie noir.

Dans mon malheur, j’avais pour ami un délégué syndical qui le connaissait bien pour avoir déjà eu à faire à lui pour un cas … d’harcèlement moral. Il intervint alors pour le calmer mais il savait qu’il reviendrait à la charge. Je compris alors pourquoi mon collègue malien avait changé de secteur : il était sa tête de turc ! Mais comme il était parti, il lui fallait quelqu’un d’autre et c’était tombé sur moi.

Désormais c’était clair, je savais que je n’étais pas vraiment le problème, bien que je gardais toujours le doute sur mes capacités à faire correctement mon travail.

J’ai par la suite aussi fait ma demande de mutation de secteur auprès du RH, mais lorsqu’il a fallu que mon chef valide cette demande, il s’est foutu de moi ouvertement en me disant que je ne réussirais jamais à y travailler car je ne valais rien !  Je pris encore sur moi, ravalant cette fois-ci mon caquet car j’étais à la limite de l’explosion et savais qu’un seul mot de ma part pouvait dériver par un dérapage que je pourrais regretter par la suite.

Il est important de signaler dans cette histoire, que j’étais plutôt assez costaud mentalement car j’avais déjà démarré mon travail intérieur depuis quelques années, mais le rythme de travail matin, après-midi et nuit, usait mes nerfs. J’étais fragilisé. Je commençais à craquer. J’étais perpétuellement stressé. Je dormais mal la nuit, je rêvais que je travaillais encore …sauf que je n’étais pas payé.  Winking smile

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Je n’avais plus beaucoup d’appétit et j’étais très irritable surtout avec ma famille. C’était pour moi intolérable.

J’allais au travail avec la boule au ventre, mais ce qui me faisait tenir durant cette année, c’était mes techniques de respirations, d’affirmations et de visualisations où je m’imaginais lui dire tout ce que j’avais à lui dire. Je me disais que tout cela était une épreuve que je surmonterais et qui me rendrait plus fort.

J’étais obstiné, je voulais lui tenir tête. Pas pour être plus fort que lui, mais que moi. Je voulais voir jusqu’ou je pouvais aller. C’était un défi dangereux, mais je ne voulais rien lâcher.

J’ai aussi continué, parce que j’avais surtout la chance d’avoir un ami qui était un bon représentant du personnel, sur lequel je pouvais m’appuyer.

Et puis, un soir, ce fut la goutte d’eau. Une énième critique qui me fit exploser devant mes collègues. Heureusement, j’avais encore un peu la conscience d’esprit de ne pas l’insulter, voir de le frapper alors que c’était ce qu’il cherchait et ce qui me démangeait.

Il me reprocha alors dans la dispute, de lui tenir tête bien qu’il était le chef, de parler à des collègues qu’il n’aimait pas, d’être aller me plaindre auprès d’un délégué, à la RH. Il était, je crois, plus furieux que moi encore. Il n’avait jusque là, jamais rencontré quelqu’un qui s’acharnait tant à lui tenir tête. La dernière personne qui avait essayé, avait fini par faire un burnout et démissionner. Mais ça n’allait pas être mon cas. Je ne voulais pas m’arrêter de travailler à cause de lui.

Ensuite le lendemain après midi en début de poste, il est venu me voir et au moment de me dire bonjour, j ‘ai refusé de lui serrer la main et lui ai dit que ce n’était même plus la peine de me parler à présent. Alors avec son sourire narquois, il me répondit que ça tombait bien puisque nous étions, tous deux convoqués par le responsable n+3 pour régler lors d’un entretien “mon problème”. Choqué mais pas démonté, je lui ai tout de même signalé que je ne viendrais pas seul.

Cette histoire prenait des proportions incroyables puisque c’était désormais mon responsable n+3 qui prenait cette affaire en main et je ne savais pas du tout quelle était sa position, même si j’avais déjà une idée.

Mais sincèrement, je n’en pouvais plus. Je me sentais tout de même, malgré mon entêtement, dans une impasse car mon corps atteignait ses limites, même s’il restait à mon esprit encore un peu d’énergie et de lucidité pour gérer ce problème. Ce qui me gardait encore debout était mes convictions et la foi. La foi en la Vie qui m’avait envoyé cette épreuve pour en sortir grandi, libéré de ce genre de personnage. Une phrase me revenait toujours en tête à ces moments là : la vie nous envoie uniquement les épreuves dont nous avons les capacités de surmonter. Je m’y accrochais désespérément même si je ne voyais pas vraiment d’issue à cette histoire.

Mais très vite mon instinct de survie me ressaisit car j’avais la conviction qu’on ne pouvait pas mourir pour un travail.

Et puis, il y avait cette autre partie de moi plus rationnelle, ma peur nourrie par l’épuisement qui me martelait aussi qu’il fallait que ça cesse, alors finalement j’ai lâché-prise, j’ai accepté cette situation mais je n’étais pas d’accord avec elle. De ce fait j’étais prêt…prêt à accepter mon sort mais avec dignité, en me défendant avec mes moyens et sans haine.

POUR MIEUX COMPRENDRE : le déni et l’acceptation

Je aussi lâché-prise parce qu’il m’était arrivé, lors de moments où je n’avais plus la force d’avancer, d’avoir eu des pensées tellement noir, désespérées, que je pensais au suicide. Mais très vite mon instinct de survie me ressaisit car j’avais la conviction qu’on ne pouvait pas mourir pour un travail. J’avais une famille, des enfants en bas âge. Non, il m’était inconcevable qu’un chef me fasse mettre fin à mes jours. Non, pas  pour ça.

Je suis donc allé voir de suite mon ami pour l’avertir, et c’est là qu’il m’apprit, que c’était lui qui avait demandé cet entretien pour débloquer la situation. Je fus tellement surpris par cette annonce, que mes émotions explosèrent comme un feu d’artifice, mes larmes jaillirent de mon corps, sans que je puisse avoir le moindre contrôle sur elles.

Ce fut des larmes de soulagement, des larmes de stupeur, des larmes de relâchement…mon corps abandonnait tout ce qu’il avait contenu jusque là.

Mais ce fut surtout des larmes emplies d’affection, car je fus touché par son geste. Pourtant je ne voulais plus le mêler à ça, parce qu’il avait depuis quelques mois des problèmes personnels, et avait mis en standby ses fonctions syndicales. On ne se parlait plus beaucoup, on se croisait simplement par un bonjour dans le couloir. Mais cet homme était tellement humain, qu’il vit au simple coup d’œil que je ne pouvais plus endurer cette situation. Il prit donc cette initiative percutante mais efficace.

Ce qui fut encore plus incroyable, fut que “par hasard” à cet instant là, mon directeur faisait sa tournée. Il avait coutume d’aller discuter avec mon ami pour prendre un peu la tension sociale car il était un leader syndical charismatique,respecté pour être quelqu’un de franc, juste et honnête. Et à cet instant, j’étais là, pleurnichant, sans pouvoir m’arrêter. Il demanda des explications auquel mon ami lui expliqua toute l’affaire et le directeur me dit qu’il prenait personnellement l’affaire en main. J’étais abasourdi !

Par la suite, mon ami me conseilla d’aller à l’infirmerie pour récupérer un peu en attendant ce fameux rendez-vous. Mais je pressentais que cette histoire n’allait pas s’arrêter là. Je pressentais que mon chef allait encore me jouer un tour. Alors, j’ai pratiqué quelques exercices de relaxation pour récupérer physiquement mais aussi pour être plus lucide, car je me doutais qu’ils chercheraient à profiter de cette situation pour m’achever et c’est malheureusement ce qui allait se passer.

Au bout d’une heure, le médecin du travail est venu me voir pour me demander si j’acceptais de recevoir mon responsable n+3, avec qui j’avais rendez-vous, pour prendre de mes nouvelles. J’en ai été étonné sans vraiment l’être puisque je m’attendais à quelque chose de ce genre.

Par conséquent, je lui ai répondu fermement que non, je n’étais pas bien. Que je le rencontrerais que dans une heure, à l’heure prévue.

On pourrait penser qu’il voulait réellement prendre de mes nouvelles mais c’est rarement le cas dans ce genre d’affaire. Ils utilisent souvent ce prétexte pour vous faire dire ce qu’ils veulent entendre, pour les retourner ensuite contre vous.

D’ailleurs, le rendez-vous fut avancé une demie-heure plus tôt, parce qu’il y avait eu soit disant un contretemps de dernière minute. Mais comme par hasard, une fois sur place, il n’y avait que moi et le responsable n+3 et à votre avis que s’est-il passé ? Il  a bien sûr essayé, comme je l’avais imaginé, de me faire avouer que je travaillais mal, en utilisant comme argument de faux témoignages de mes collègues que j’ai par la suite vérifié.

Encore une fois, j’ai tenu tête, car j’avais repris une bonne partie de mes esprits, j’étais même plutôt soulagé, en paix comme je ne l’avais été depuis longtemps. Je n’avais donc plus rien à perdre, mais plutôt la fierté de ne pas tomber devant ces personnes sans cœur.

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J’ai repris pour cela, tranquillement  ma technique de réponse par des questions explicites qui le mit aussi très en colère. Puis voyant qu’il perdait ces moyens et que je n’allais pas tenir bien longtemps à ce jeu, j’ai arrêté sèchement et avec fermeté la discussion, ce qui le surpris,  puis lui sorti que je ne parlerais plus qu’en présence de mon délégué du personnel.

Au bout d’un certain temps, mon ami arriva et mon responsable, qui avait retrouvé son calme,  repris de façon méprisante et de manière déformée mes propos, ajoutés à des mensonges pour me discréditer auprès de mon ami. Je l’ai repris et ce dernier agacé, coupa court à toute cette confusion. Puis d’un regard à vous transpercer un iceberg, il lui posa une seule question  : “savez-vous ce que peut vous couter un procès pour harcèlement moral ?”

ils étaient des manipulateurs qui profitaient de leurs pouvoir pour se débarrasser d’une soit disant forte tête

Tout à coup, le visage du responsable changea du tout au tout en virant au pâle et après quelques minutes, qui avaient l’air de durer une éternité, il lâcha très calmement : j’ai une solution.

Il me proposa alors de changer d’équipe mais en m’avertissant tout de même qu’il m’aurait à l’œil, ce qui ne m’impressionna pas du tout, bien au contraire. Après tous ces mensonges et ces agissements, j’avais enfin repris confiance en moi, car j’avais compris que j’avais toujours fait mon travail correctement et qu’ils étaient des manipulateurs qui profitaient de leurs pouvoir pour se débarrasser d’une soit disant forte tête. J’étais par conséquent de nouveau confiant en mon travail et mes capacités malgré toute ce qui s’était passé.

J’ai donc changé d’équipe, mais malheureusement, mon nouveau chef avait assisté auparavant à notre grosse dispute dans l’atelier. Cela ne m’aida  pas vraiment car on lui refilait tous les salariés à problème de l’usine. Il était donc très méfiant envers moi. Je devais pour cela gagner sa confiance. Ma chance, encore une fois, est que j’avais un ami d’enfance dans cette équipe qui s’entendait très bien avec lui et qui m’aida aussi beaucoup.

Pour ce qui est de mon ancien chef, il reçu un blâme mémorable de la part du directeur d’usine, mais ce ne fut pas pour autant qu’il en resta là. Ces personnes là, ne lâchent jamais leurs proies tant qu’il y a encore un mince espoir de les faire tomber.

Sa nouvelle stratégie était de monter la tête contre moi à mes collègues à l’inter poste. Il colportait à mon nouveau chef que j’étais un rebelle, qui cassait le moral de tous mes collègues, que je les montais contre lui.

Heureusement, mon nouveau chef était jeune et avait le sens du dialogue. Il était accessible contrairement à l’autre, qui lui, ne communiquait avec vous que pour avoir des informations personnelles dont il pourrait se servir contre vous.

Ces gens là sont de très fort manipulateurs. Ils savent s’immiscer dans votre vie privée pour en tirer un profit uniquement personnel par la suite. Par ce biais, il rentre dans votre mental, il touche du doigt vos points faibles, vos peurs et jouent avec pour vous contrôler. Mais par “chance”, j’avais connu auparavant un manipulateur bien plus fort, plus vicieux et surtout plus terriblement intelligent que lui .

Grâce à cela, j’avais assez vite cerné la personnalité de mon chef, pour d’entrée de jeu, lui fermer  la porte à mon mental, à  mon intimité. Et je pense que c’est aussi cela qui le poussa à s’acharner d’avantage contre moi, car chaque fois qu’il essayait d’établir un lien soit disant amical avec moi, je m’en tenais au strict minimum social, contrairement aux autres.

Pour finir, j’ai acquis au bout de quelques semaines la confiance de mon nouveau chef qui me promu à un meilleur poste et qui m’avoua plus tard que je n’étais pas du tout la personne “qu’on’ lui avait décrite. De plus les collègues de mon ancienne équipe et surtout les anciens qui travaillaient avec lui depuis de nombreuses années, me félicitèrent de lui avoir tenu tête comme je l’avais fait. Ils me confièrent que beaucoup avaient essayé mais c’étaient brulés les ailes. J’étais le premier à ne pas avoir cédé pendant ses vingt années  de chef d’équipe, ce qui fut quelque part pour moi une victoire. Cette mésaventure changera à jamais ma vie en me donnant une énorme confiance en moi, qui me servira surtout quelques années plus tard, lorsque je deviendrais, à mon tour, représentant du personnel.

Au final, je fus tout de même embauché mais ma carrière dans cette usine, se terminera quelques mois plus tard, puisqu’elle fermera définitivement ses portes, mettant à la rue 1200 salariés.
Les conséquence sociales en seront désastreuses avec plus de 250 divorces, 7 suicides, et aujourd’hui plus de 300 ex-salariés touchant le RSA.

La moralité de cette histoire est qu’il ne sert à rien de marcher sur la tête de ses collègues pour pouvoir évoluer dans l’entreprise, car au final, on restera tous dans le même bateau lorsqu’il coulera.

Mais aussi qu’il faut savoir préserver précieusement son amour-propre comme un joyau car rien, ni personne n’a le droit de mal vous juger, vous rabaisser et encore moins vous humilier.

Maintenant pour ce qui est de mon deuxième manipulateur, je vous en parlerais dans un prochain article pour ne pas alourdir celui-ci déjà bien long.

Aussi pour en terminer avec celui-ci, j’ai préféré qu’il soit différent des autres. Qu’il soit un témoignage qui puisse redonner de l’espoir aux victimes de ces bourreaux, car malheureusement ce que j’ai vécu là n’est rien à côté de ce que beaucoup vivent au quotidien.
Il y a de nos jours beaucoup trop de salariés maltraités, insultés, jusqu’ à la dégradation de leur identité et même jusqu’à leur atteinte physique. Malheureusement on ne peut pas dire que ces nouvelles réformes du travail vont arranger tout ça. Néanmoins, je préfère rester sur une note positive qui est de dire qu’il y a de plus en plus d’employeurs et d’entreprises qui comprennent que le bien-être des salariés est une valeur ajoutée qui les fera sortir du lot.

J’ai donc eu dans mon malheur beaucoup de chance et je pense que cette chance était aussi dû à la perception que j’avais du problème. Celle-ci était différente de beaucoup de personnes, parce que grâce à mon travail sur la connaissance de soi, j’ai pu avoir encore un peu de recul nécessaire pour ne pas sombrer totalement.

Dans un prochain article, je donnerai cette fois-ci plus explicitement les clés qui vous aideront à sortir de ce guêpier qui ne doit pas être une fatalité car je le répète :

ON NE DOIT PAS MOURRIR POUR SON TRAVAIL !

Si cet article vous parle ou s’il peut aider quelqu’un d’autre, partagez-le et laissez-moi un commentaire si vous désirez un conseil ou de l’aide.

Bien à vous

Paul

Cet article est dédié à un ami cher à mon cœur, D.B

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2 thoughts on “Mon expérience au travail avec un manager manipulateur”

  1. Merci beaucoup pour ce témoignage qui donne de l’espoir… vivant une situation similaire avec un chef manipulateur qui a mit la directrice et le patron dans sa poche contre moi. Allant jusqu’à mentir, me rabaisser… j’ai fais un début de burn out en juin car il me surveillait à la caméra (je travaille dans un supermarché)…je me suis retrouvée 2 jours de suite dans le bureau de la directrice puis du patron… c’est là que mes nerfs ont lâchés (corps et mental)! J’ai repris en mi temps depuis le 11 septembre avec une autre vision même si au quotidien c’est fatiguant, je suis plus détachée et j’ai acceptée la situation je pense. Ils ne veulent pas me changer de services, ils veulent que je craque et que je démissionne mais je ne leur ferait pas ce plaisir! Je crois que je suis revenu plus forte et je ne me met plus en colère. Mais j’arrive à le pousser, comme vous. Je suis la seule à le voire véritablement comme il est! En attendant je cherche ailleurs dans l’espoir de trouver qui sera le signe que j’aurai réglé cette situation une bonne fois pour toute…

    1. Bonjour,

      Avoir un chef constamment sur le dos est déjà usant lorsqu’il n’est pas un manipulateur, alors oui la meilleure des solutions est de trouver un autre emploi.

      Néanmoins faites attention à ne pas trop jouer les super héros non plus car,comme vous l’avez déjà vécu, le corps peut lâcher à n’importe quel moment. Il vaut mieux dés fois être en arrêt de maladie, parce que vous n’arrivez pas à tenir la pression, que de tomber, car il faut aussi penser à votre proche entourage qui indirectement souffre aussi de vous voir ainsi.

      Ensuite, comme dans mon expérience si vous avez de bons représentants du personnel, faites leurs part de votre affaire et demandez un entretien avec vous, les représentants du personnel et votre chef afin de mettre les choses à plat. Généralement ça a l’avantage de calmer le manipulateur.

      Surtout ne vous isolez pas, ne restez pas seule avec ça dans le cœur. Entourez-vous de personnes et de collègues à qui vous pouvez confier votre souffrance car on n’a pas généralement assez de recul pour voir nos limites où celles des actions du manipulateur, ainsi ces personnes pourront vous avertir et vous dire de vous arrêter avant qu’il ne soit trop tard, ou que ça n’aille trop loin.

      Sachez une chose, à ce jeu là on est bien souvent pas les plus forts car n’oubliez pas qu’ils ont un pouvoir de subordination sur vous et ça fait toute la différence.
      Donc ne vous obstinez pas à résister pour devenir plus forte et être fier de vous, même si c’est une bonne chose pour votre évolution. Vous avez déjà grandie en acceptant la situation et êtes plus en paix.
      Restez vigilante. Le sage est celui qui sait se retirer avant de tomber car il est conscient de ses limites et de la situation.

      Dans tous les cas bon courage et prenez soin de vous.

      Bien à vous

      Paul

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